La lettre de Umanz : ✍️Livre d'amitié, Omiokuri et 3 autres Idées Qui Murmurent (IQM)
La réalité est la cage de ceux qui manquent d’imagination
J.B.S. Haldane
Je fête cette semaine le retour de l’une des rubriques préférées de la lettre de Umanz les Idées Qui Murmurent. (IQM).
Les idées existent pour nous rappeler, cet avantage humain imprescriptible : l’imagination transformationnelle est toujours supérieure à l’imagination combinatoire des machines.
Et pour ouvrir le bal des idées et prendre un peu de hauteur face au chaos du monde, je vous propose cette capsule magique, poétique et d’une imagination saisissante du créateur de mode Martin Margiela, qui, dans une interview de 1998 (merci à mon amie Marie Dollé d’avoir excaver cette pépite) partageait ses vues sur la couleur :
- Qu’est-ce que la couleur ?
Une intensité, une température, un choc, une harmonie.
- Et comment l’utilisez-vous?
Quand elle le demande.
- Qu’est-ce que le noir ?
Une absence, une présence, une humeur, un manteau.
- Qu’est-ce que le rouge ?
Un rougissement, une rougeur, une fièvre, un ordre.
- Qu’est-ce que la peau ?
Une protection.
- Qu’est-ce que le tissu ?
Un médium.
- Qu’est-ce que les textures ?
Un résultat du temps.
- Qu’est-ce que la construction ?
Un moyen pour une fin.
- Qu’est-ce que la fonction ?
Une réponse à un besoin.
- Qu’est-ce que l’art ?
Un besoin de réponse.
- Qu’est-ce que l’artisanat ?
Un fruit du temps.
- Qu’est-ce que les vêtements ?
La couche finale.
- Qu’est-ce que la mode ?
Une série de propositions.
- Qu’est-ce que le recyclage ?
Une autre chance.
- Quelle place pour le recyclage dans votre travail ?
Par nature.
- Comment se développe un concept à la maison Martin Margiela ?
Un temps, une question, une réponse.
- Comment se développe un concept chez hermès ?
Le temps, une autre question, une autre réponse.
- Que voulez-vous développer ? à part les vêtements ?
Une compréhension.
- Par quels mots vivez-vous ?
Nous.
Livre d’amitié, Omiokuri et 3 autres Idées Qui Murmurent (IQM)
Omiokuri
L’Omiokuri est une magnifique pratique Japonaise qui consiste à accompagner longuement du regard quelqu’un qui s’éloigne jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision. Voici comment l’évoque le critique gastronomique François Simon dans le Podcast de Fanny Auger : l’Omiokuri permet de donner de la résonance à ce que l’on a vécu avec cette personne. Il permet de donner à l’instant qui vient de se terminer, une plus grande dimension.
Sousveillance
Sousveillance par opposition à surveillance est un terme inventé par Steve Mann, inventeur, professeur et spécialiste de la réalité augmenté pour designer l’ensemble d’images et de contenus générés par des spectateurs étrangers à la scène d’une façon active et de plus en plus passive (lunettes connectées).
La sousveillance constituera pour l’essayiste Venkatesh Rao l’un des plus grands vecteurs de production de contenus à l’ère du Mème.
Thin Places, lieux liminaux
Les Celtes croyaient que certains lieux étaient des lieux sacrés, des endroits où le voile entre le monde physique et le monde spirituel était particulièrement fin. Ils voyaient les falaises, certains lieux escarpés comme des lieux de passage, des endroits où il était possible de se connecter avec les esprits des ancêtres.
En gaélique irlandais, les Celtes appelaient ces espaces “áiteanna fliuch“, ce qui signifie littéralement “lieux humides”. Cela était lié à la croyance celtique selon laquelle les lieux humides, tels que les rivières, les lacs et les cascades, étaient des endroits où le voile entre les deux mondes était particulièrement fin.
En gallois, on nommait ces espaces “llefydd gwan“, ce qui signifie littéralement “lieux faibles”. Pour les Gallois, les lieux où la nature était intacte, tels que les forêts et les montagnes, étaient des endroits de passage vers le monde des dieux.
Les bretons, désignaient ces lieux sous le nom de “lec’hioù aer”, ce qui signifie littéralement “lieux de l’air”. Cela était lié à la croyance selon laquelle les lieux élevés, tels que les collines et les monts ouvraient le monde des esprits.
Livre d’amitié
Saviez vous que de magnifiques livres “relationnels” tissaient des liens indéfectibles au XVIème siècle on les appelait liber ou album amicorum, des “livres d’amitié.”
Ils sont apparus dans les Universités Allemandes et étaient destinés à recueillir dessins, gravures et témoignages d’amitiés. Ils se sont ensuite démocratisés au 18ème et 19ème siècle.
L’ un des plus connus et plus ancien fut composé entre 1596 et 1647 par le marchand d’art et diplomate Philipp Hainhofer.
Once Upon a Time
Le “Once Upon a Time” Anglais qui ouvre les contes ne serait pas tout à fait équivalent au “Il était une fois français”.
Cette formule quasi incantatoire, réputée pour ouvrir le cerveau droit signifierait en fait l’entrée dans un temps plus magique, un temps symbolique. Son sens le plus proche serait en fait : Il était une fois en dehors ou au-dessus du temps.
Le Once Upon a Time par son étymologie, nous explique l’écrivain David Gattegno nous placerait dans un espace archetypal éloigné des vicissitudes du temps. Un espace “non vicié”.
Ce n’est pas le seul atout de l’expression. Elle est aussi puissante et générative car elle introduit aussi la vie: Once Upon a time, there lived.
On touche là la magie et le propre des plus belles histoires, vivre éternellement en dehors du temps.
Qui es-tu ?
Que deviens-tu ?
Que dois-tu savoir ?
Il arrive un moment où la vie cesse d’être une promesse et devient une urgence.
Un moment où tu vois, sous tes yeux, la nostalgie et le futur se disputer ton présent.
Un moment où la vie, après t’avoir porté te demande de pointer une direction.
Un moment où, après avoir été une addition, elle devient une soustraction.
Un moment où elle t’agrippe et te dit : “vis tu par défaut ou par choix ?”.
Un moment où elle te demande d’arrêter d’être un spectateur et te met au pied du mur.
Un moment où tu choisis de ne plus la rêver.
Un moment où tu comprends que repousser l’essentiel, c’est choisir le superflu.
Un moment où tu poses un Second Act.
Découvrez Second Act, mon cabinet de coaching et de transition de vie, un passeport de sérénité pour la deuxième partie de vie.
Découvrez également le Parcours Edge à destination des dirigeants.
Les Screenthoughts de la semaine
La croissance personnelle
C’est un peu court jeune homme
Same old, same new
Signe des temps et temps des signes
Une amie : “Je suis tellement débordée que je lis les réponses de Claude en diagonale.”
100% d’accord. Il est temps que ça s’arrête.
Vous l’aviez noté à quelques indices subtils, l’humilité et la modestie ont totalement disparu du paysage. En cause la Toxic Confidence.
Same same but different: Comment le mirage du “passive income” a cramé toute une génération.
Dans la série les machines-parlent-aux machines-qui-parlent-aux-machines-que-nous-sommes-devenus, cela devait arriver : les outils de recrutement IA préfèrent les cv rédigés…par l’ia.
C’est tout pour cette semaine, je vous retrouve la semaine prochaine avec le retour des Nuances As a Service.
D’ici là, gardez le cap 🧭.
Waloyo Yamoni, nous surmontons le vent.
Cette newsletter est avant tout un projet de coeur. De nombreuses personnes et sociétés me demandent souvent : comment travailler ensemble ? La première : “Second Act”, mon cabinet de coaching spécialisé en accompagnement des évolutions pro ou perso. Vous pouvez également me solliciter pour des Keynotes en entreprise sur les Soft Skills élégants: le sens du futur, les secrets de l’audace, la curiosité, l’esprit du débutant, l’émerveillement, l’impact, la loyauté, l’art de la conversation. Ainsi que des ateliers et séminaires exclusifs pour les comités de direction. Je garde aussi une activité de conseil en positionnement et en identité d’entreprise issue de mes anciennes activités chez Google, Reuters et Dow Jones. Elle me permet de produire, pour les marques et les entreprises, des positionnements ou des contenus uniques, aussi différenciés que des guitaristes punks dans un orchestre de mariachis.










Merciii pour ces lumières d’éternité! et pour les lieux liminaux il suffit d’avoir vu qq cromlech in situ pour comprendre, de l’intérieur et sans les mots, pourquoi là et pourquoi l’Homme n’est pas que chimie et matière !