La lettre de Umanz : ✍️Mattering, le chaînon manquant du sens
Je suis Midlifologue, coach et je peux dire aujourd'hui, après 8 ans de pratique, que le Sens est littéralement devenu mon métier.
Le sens je le démèle et je le retisse chaque semaine dans la lettre Umanz. Je le transmets à travers les 5 séances du parcours Second Act, dans mon cabinet de coaching.
À l’heure du gigantesque vide grenier de l’AI, à l’heure où tant de gens applaudissent au destockage de leur âme, je voulais vous parler aujourd’hui d’une dimension importante des pratiques de sense-making dans nos vies: le mattering.
Le mattering vient à point nommé compléter cette lumineuse intuition d’Einstein :
Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément.
Il vient aujourd’hui nous rappeler - j’adresse aussi ce message aux politiques (s’ils décident un jour de sortir de leur posture d’invectives permanente) mais aussi aux géants de la Tech - que si nous voulons encore faire société demain, nous devons produire plus d’espoir que d’inutilité.
Je crois que c’est toute l’essence du sens du futur que nous devons ranimer.
Bonnes lectures.
Mattering, le chaînon manquant du sens
J’observe le sens, dans tous les sens depuis 10 ans pour Umanz et Second Act et je vois ressurgir un concept oublié découvert dans les années 80 par Morris Rosenberg chercheur en psychologie : celui de mattering.
Le mattering c’est un peu la cerise sur le gateau du sens. C’est le sentiment d’être valorisé par les gens qui comptent autour de soi : les amis, la famille, les collègues. C’est aussi le sentiment plus large de compter au sein de et pour la société en général.
Le mattering remis un temps au goût du jour par la philosophe Susan Wolf fait l’objet aussi d’une analyse très argumentée chez l’essayiste Jennifer Wallace. Et, en ces temps troublés où l’AI nous promet un destin de surperflus, le mattering est un sentiment mis à mal.
Pourtant, pour Jennifer Wallace le mattering relève d’un meta-besoin d’appartenance qui fonde le sens. Celui de l’appartenance valorisée par la communauté.
L’équation du mattering selon elle ?
Se sentir valorisé + Apporter de la valeur = Mattering
En bref :
Valeur Reconnue + Valeur Apportée = Mattering
L’insight secret du mattering :
nous sommes depuis l’aube des temps des créatures de valeur qui aspirent à avoir de l’importance.
Mais, cette valorisation, ce sentiment intime de compter qui existait il y a encore 50 ans dans les petites communautés, s’est petit à petit dissout dans une modernité liquide où l’individu en est venu à primer sur le collectif.
Or, l’individu aujourd'hui, ne sait plus sur qui compter ni pour qui compter.
Les éco-systèmes de mattering se sont peu à peu écroulés avec la dissolution des liens qui lui donnaient vie et importance (emploi à vie, voisinage, famille ou appartenance religieuse).
Pour Jennifer Wallace, l’absence de mattering serait responsable du désengagement qui touche jusqu’à 70% des salariés aujourd’hui.
On retrouve le même écho de l’importance du mattering chez la Philosophe Rebecca Newberger Goldstein :
« Nous aspirons à démontrer que la raison pour laquelle nous ressentons subjectivement que nous comptons, c’est que nous comptons objectivement. Cette aspiration est ce que j’appelle l’instinct du mattering. »
Elle fait écho à cette intuition de Yuval Noah Harari :
“Alors que dans le passé les humains ont lutté contre l’exploitation, dans le futur la plus grande lutte sera contre l’inutilité et il sera bien pire d’être inutile que d’être exploité”
Or, aujourd’hui l’absence ou plutôt le siphonage moderne du mattering se fait cruellement sentir. Les gens sentent qu’ils ne font plus partie de l’histoire du futur. Ils se disent « le futur n’a pas besoin de moi » s’alarme encore Harari qui constate que 99% des qualités humaines sont inutiles pour les nouveaux jobs algorithmisés.
Pour une politique de l’estime
Or, en absence de mattering on se coupe du monde, on se met en retrait. Mais se couper du monde est une bombe à retardement…comme je l’avais souligné il y a quelques années, les gens ignorés feront des choses qui ne peuvent être ignorées et rarement positives.
Il faut donc réhabiliter une politique de l’estime. Les gens veulent compter et s’ils ne comptent pas il tenteront de faire des choses désespérées. Et quand l’invisibilité chronique vous touche, quasi physiquement, au quotidien, cela rejaillit aussi sur votre vie privée. Ce serait d’ailleurs l’une des raisons principales du désengagement citoyen et de ce phénomène de plus en plus visible dans les familles la proxymal separation.
Pour vérifier l’impact du mattering, notamment en couple. Jennifer Wallace propose la matrice SAID.
Un exercice particulièrement intéressant à faire à deux :
S : la signification que j’ai pour toi et toi pour moi.
A : l’apréciation que j’ai pour ce que tu fais / et pour ce que tu fais pour moi.
I : je suis investi(e) dans tes buts et je sens que tu es investi(e) dans les miens.
D : je sens que tu comptes pour moi/ et je sens que je compte pour toi.
Le débat urgent pour le mattering est que se passera t-il alors que les machines ou l’IA nous feront nous sentir inutiles, obsolètes ou éminemment remplaçables ?
C’est une réflexion à avoir dès aujourd’hui car “le mattering c’est l’histoire que nous nous racontons sur notre place dans le monde.
Nous comptons sur les machines, comptent-elles sur nous ?
Besoin d’un Second Act ?
Il y a une gigantesque déconnexion à l’œuvre dans la société. On nous dit qu’il y a un agent IA pour ça, une app pour ça, une pilule pour ça, une posture de yoga pour ça, mais la vérité c’est que nous n’avons pas mis à jour nos outils intérieurs de décision, de fabrication du sens et de connaissance de soi en deuxième partie de vie, y compris au travail, face à une société et des phases de vie qui ont radicalement changé.
Découvrez Second Act, mon cabinet de coaching en évolutions pros et persos, un passeport de sérénité pour la deuxième partie de vie.
Découvrez également le Parcours Edge à destination des dirigeants.
Les Screenthoughts de la semaine
L’autre définition du talent
Faire face au changement
Le problème des vies de vitrines
Signe des temps et temps des signes
C’est le retour annuel de la parcoursupite. 💪 Force aux parents.
Second Act et Umanz oblige, je suis très sensible au vocabulaire et à l’évolution des mots. Je lis que chez certains professionnels du bien-être le Détox est en train de devenir Désaturation...à suivre.
Cette phrase de Séverine Bavon m’a fait l’année :
Si on ne fait plus partie d’une entreprise mais qu’on devient une entreprise, alors par définition, on n’a plus de collègues mais des concurrents.
Mattering 2.0 version I will survive : même les pros des chiffres se demandent s’ils compteront demain face à l’IA. Les membres de la Professional Managerial Class (PMC) ont t-il un avenir ? Voici un apperçu du Futur du Conseil selon Cb-Insight.
Taste Wars 2.0 : comment le goût est devenu un étrange terrain d’affrontement entre pro et anti AI.
Comment ne peut pas être remplacé par l’AI. La réponse de l’icône de la génération montante des analystes Tech, Ed Nelson : la curation (Yes !), la curiosité (Yes !) et la connectivité (Of course).
On parle beaucoup autour de moi de ce livre.
Dans mes magnifiques temps perdu (gagné ?) je collecte des imprévidences que je poste dans les notes Substack. C’est à dire que je rapproche deux phrases à la fois proches et étrangères. Cette semaine je m’interroge sur le vocabulaire des ados : “Il m’a tunnel” “ ET cet étrange ultra-marathon de 200 km de la frange la plus performative des runners : le Tunnel qui se déroule pendant au moins 55 heures dans la ville de Bath en Angleterre. Le Jungien en moi pourrait y voir une quête effrénée de profondeur. Ou une fuite en avant très Darko des runners les plus performatifs…Mais comme disent les angais avec avec flegme : “that may be a little bit of a stretch.”
L’IA est un hyperobjet. Or, à l’âge des machines il faut penser comme une libellule nous dit Anthea Roberts. Mais est-ce dans nos capacités humaines ?
Le WTF d’or de la semaine :
Face à l’explosion du coût de la vie le DIY Botox explose. Je le place à égalité avec ce signal faible : même les survivalistes de luxe s’étripent dans leurs resorts sécuritaires.
C’est tout pour cette semaine, je vous retrouve la semaine prochaine pour vous parler d’une catégorie bien particulière de leaders que je ne cesse de croiser chez Second Act…et c’est bon signe.
D’ici là, gardez le cap 🧭.
Waloyo Yamoni, nous surmontons le vent.
Cette newsletter est avant tout un projet de coeur. De nombreuses personnes et sociétés me demandent souvent : comment travailler ensemble ? La première : “Second Act”, mon cabinet de coaching spécialisé en accompagnement des évolutions pro ou perso. Vous pouvez également me solliciter pour des Keynotes en entreprise sur les Soft Skills élégants : le sens du futur, les secrets de l’audace, la curiosité, l’esprit du débutant, l’émerveillement, l’impact, la loyauté, l’art de la conversation. Ainsi que des ateliers et séminaires exclusifs pour les comités de direction. Je garde aussi une activité de conseil en positionnement et en identité d’entreprise issue de mes anciennes activités chez Google, Reuters et Dow Jones. Elle me permet de produire, pour les marques et les entreprises, des positionnements ou des contenus uniques, aussi différenciés que des guitaristes punks dans un orchestre de mariachis.










