La lettre de Umanz :✍️nos jalons impalpables
“Tu tires un bout de ficelle et tu tiens un dieu à la patte.”
Christiane Singer
Quels sont vos jalons impalpables ?
Ce sont des moments fragiles, des rencontres improbables qui dureront une vie, des fils d’Ariane invisibles, des rendez-vous ratés, des échecs incrustés de chance, des fils d’Ariane invisibles, des livres parfois qui nous trouvent et nous donnent un élan différent. Une impulsion qui change nos trajectoires.
Les jalons impalpables guident nos vies. Voici comment Steve Jobs racontait la rencontre imprévue qui a changé le cours de sa vie dans cet email :
De : Steve Jobs
À : Steve Jobs
Objet : On ne peut pas prévoir les rencontres qui vont changer notre vie
Date : 7 juin 2005, 23h46On ne peut pas prévoir les rencontres qui vont changer notre vie.
Je suis invité à parler à la business school de Stanford une ou deux fois par an, et j’essaie toujours d’y aller. J’avais accepté une invitation pour un jeudi en fin d’après-midi, alors que je ne me sentais pas très bien, et j’avais un dîner prévu ce soir-là avec des clients importants, dans un domaine viticole sur Page Mill Road.La salle de conférence n’était pas assez grande, toutes les places étaient prises et des étudiants étaient assis dans les allées. Un professeur leur a demandé de dégager les allées au cas où un inspecteur incendie passerait, et une fille, qu’on était en train d’évacuer, s’est rapidement assise sur l’un des quatre sièges laissés vides au premier rang pour moi et mon éventuelle équipe.
Quand je suis arrivé seul et que je me suis assis au premier rang, il ne m’a pas fallu longtemps pour remarquer cette fille vraiment craquante assise à côté de moi.
Je crois qu’elle a été stupéfaite en voyant que c’était moi qui me levais pour prendre la parole.
Et moi, j’ai su qu’il se passait quelque chose quand je me suis mis à la fixer et que j’ai oublié ce que j’étais en train de dire en plein milieu d’une phrase.
Après ma conférence, je suis resté pour discuter avec des étudiants, et elle est restée aussi. Puis elle est partie.
Je ne savais pas qui elle était, et je me suis dit que je ne la reverrais peut-être jamais.
Alors j’ai écourté mes échanges et je suis parti moi aussi. Je l’ai rattrapée sur le parking.
Je lui ai demandé si elle accepterait de dîner avec moi le samedi suivant.Elle a dit oui et m’a donné son numéro.
En marchant vers ma voiture, je me suis demandé : « Si c’était le dernier jour de ma vie, est-ce que je préférerais dîner avec ces clients importants, ou avec elle ? »
J’ai couru jusqu’à sa voiture, juste au moment où elle s’apprêtait à partir, et je lui ai demandé :
« Et si on dînait ce soir ? »
Elle a répondu : « Bien sûr. »
Et nous nous sommes mariés 18 mois plus tard.Oui, ça aurait peut-être marché aussi si j’avais attendu le samedi soir. Et ces clients nous auraient peut-être passé quelques commandes supplémentaires si j’étais venu au dîner.
Mais qui sait… Peut-être qu’elle avait un rendez-vous vendredi soir, et que tout aurait été différent.On ne peut pas prévoir les rencontres qui vont changer notre vie. Elles arrivent, c’est tout. Peut-être que c’est le hasard, peut-être que c’est le destin. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas les prévoir.
Mais il faut savoir les reconnaître quand elles se présentent, et avoir le courage et la clarté d’esprit de les saisir.”
Mon premier jalon impalpable a tenu à quelques lignes que je déchiffrais, affichées derrière le bureau de mon maître de stage. J’avais 23 ans, je découvrais alors, deux ans avant Internet, le texte Desiderata sur une photocopie jaunie, affichée sur un mur.
Ce texte m’a toujours accompagné à travers mes propres chemins de traverse, dans mon mariage, chez Reuters, Dow Jones, Google et Viuz. Je lui dois, par une filiation surprenante et inscénarisable, la création de Umanz et Second Act qui m’ont permis de rencontrer d’autres membres de la fabuleuse tribu des collectionneurs de phrases.
J’ai pu mesurer, tout au long de ma vie, la présence de ces merveilleux jalons impalpables par des rencontres aussi improbables que profondes.
Ces jalons impalpables, je voulais, aujourd'hui, les honorer.
C’est tout naturellement que je dédie ce texte aux gens longs qui sont les magnifiques pointillés de ma vie.
Nos jalons impalpables
Il y a des seuils de perception aiguë, des rencontres, des moments de lâcher-prise, de dépouillement parfois. Des sérendipités inouïes. En vieillissant, on apprend à les reconnaître.
Ce sont des moments où le temps n’a plus la même texture. Des moments où le temps demande à être agrippé. Mais ça, il ne vous l’avoue qu’après.
Ces moments nous captent dans ce que l’on a de plus pur. Ils révèlent en nous et font surgir un certain état d’être.
« Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme. »
Le navigateur Bernard Moitessier qui a abandonné le Golden Globe Challenge, la course la plus prestigieuse de l’époque pour mettre le cap sur Tahiti les appelait des jalons impalpables. Le psychanalyste Jungien Robert Johnson : les fils ténus (Slender Threads). Virginia Woolf : des moments de l’être (moments of being) et Claire Marin : les fils de sorcière.
Ces moments déchirent le voile du quotidien.
Les jalons impalpables sont des instants de temps solide et suspendu dont l’écho se répercute longuement dans vos vies. Des moments psychiques qui, lorsque l’on sait s’en emparer, nous accompagnent comme des guides discrets et bienveillants.
Ces jalons impalpables sont fragiles, ils tiennent d’un hasard fou, et pourtant, rétrospectivement, on les vit comme irréversibles.
Ils portent les traces d’un basculement intérieur. Ce sont des frémissements de présence nue où le monde fait reflet.
Ce sont des signes imperceptibles, parfois miraculeux, qui nous offrent un second souffle. J’ai passé une vie à les consigner. Ils détiennent la clé des évidences à éclore.
Ces fils ténus de nos existences, d’autres impalpables les révèlent comme la lenteur, la marche, le silence, la lecture, les rencontres, la prière parfois et la mer toujours.
À quatre ou cinq occasions dans une vie, nous avons la possibilité de saisir ces moments fugaces où l’on sait que l’on a croisé l’essentiel. Ou une personne essentielle.
Cela se joue en quelques secondes.
Les jalons impalpables ouvrent des seuils qui créent un passage dans l’âme. Ce sont des présences sans preuves. Des moments qui semblent venus de loin et, à la fois, une fugacité qui semblait nous guetter. Des instants qui irriguent ce qui suit.
Les jalons impalpables ce sont des murmures qui te disent que tu es dans la voie, que tu ne fais pas fausse route.
Mais ce sont aussi des états de pure involonté, des états rétifs au vouloir.
Souvent d’ailleurs, les jalons impalpables ne sont pas une conquête, mais une reddition.
Ces moments rares sont les balises les plus importantes de notre vie. Des étapes que l’on ne franchit pas mais qui nous traversent. Notre cartographie intérieure. Robert Johnson insiste sur leur fragilité mais aussi leur précision silencieuse.
Dans mon cabinet Second Act, je pose souvent cette question :
Quels sont les moments qui vous ont fait ?
Elle ouvre des conversations magnifiques.
Les jalons impalpables sont la trame secrète de la tapisserie nos vies. Des cailloux blancs qui éclairent notre chemin…Mais plus tard…Toujours plus tard, explique l’écrivaine et photographe Eudora Welty :
“Les événements de nos vies arrivent dans une séquence de moments, mais dans ce qu’ils signifient, ils trouvent leur propre ordre…Le fil continu de la révélation”
In fine, les jalons Impalpables détiennent la clé de ce paradoxe : nous vivons la vie vers l’avant, mais nous ne la comprenons qu’à l’envers. Robert Johnson confiait, dans ces mémoires, qu’ils possédaient plus d’intelligence que nos minces égos.
Savez-vous les reconnaître ?
Saurez-vous les honorer ?
Quels sont vos jalons impalpables ?
« Le milieu de vie est ce moment particulier où la vie pose ses mains sur vos épaules et vous murmure : c’est le moment de faire les bons choix. »
Brenée Brown
Il y a une gigantesque déconnexion à l’œuvre dans la société. On nous dit qu’il y a un agent IA pour ça, une app pour ça, une pilule pour ça, une posture de yoga pour ça, mais la vérité c’est que nous n’avons pas mis à jour nos outils intérieurs de décision, de fabrication du sens et de connaissance de soi en deuxième partie de vie, y compris au travail, face à une société et des phases de vie qui ont radicalement changé.
Découvrez Second Act, mon cabinet de coaching en évolutions pro et perso, un passeport de sérénité pour la deuxième partie de vie.
Découvrez également le Parcours Edge à destination des dirigeants.
Les Screenthoughts de la semaine
L’hyperconnaissance est toujours curieuse
Les plus grands professeurs
L’information ne suffit pas
Signe des temps et temps des signes
Soutien à l’asso Fakeoff qui fait le boulot immensissime de protéger les jeunes des fake news. Pour comprendre les dingueries qui se disent en classe : regardez ça.
Ma vie ne sera plus jamais totalement la même : cette semaine j’ai appris la signification du mot Japonais : Chindogu.
En parlant du retour du profond. J’ai excavé de l’oubli algorithmique, pour mes enfants, cette extraordinaire vidéo.
…Petit rappel, en passant, que “la comparaison est un voleur de joie”.
Vous ne lirez rien de plus intelligent cette semaine : l’Ozempicization de l’économie. (étrange dérivé de la Degen Economy, du Financial Nihilism, bref du Slopitalisme).
Pourquoi Angine de Poitrine, cet étrange et fascinant groupe de musique microtonale est devenu une icône Anti-IA ? Quelques éléments de réponse ici :
Attention [🤯Hyperperché Warning 🤯], Cocteau s’adresse aux gens de l’an 2000. J’y ai puisé au moins trois idées neuves. Notamment cette idée dingue (tellement à l’opposé des réseaux sociaux d’aujourd’hui) celle des honneurs comme des “Punitions Transcendantes.”
Bref, Ladies & Gents, du Cocteaupour jus :
C’est tout pour cette semaine. Je pars pour les vacances de Pâques et je vous retrouve dans 15 jours.
D’ici là, gardez le cap 🧭.
Waloyo Yamoni, nous surmontons le vent.
Cette newsletter est avant tout un projet de coeur. De nombreuses personnes et sociétés me demandent souvent : comment travailler ensemble ? La première : “Second Act”, mon cabinet de coaching spécialisé en accompagnement des évolutions pro ou perso. Vous pouvez également me solliciter pour des Keynotes en entreprise sur les Soft Skills élégants: le sens du futur, les secrets de l’audace, la curiosité, l’esprit du débutant, l’émerveillement, l’impact, la loyauté, l’art de la conversation etc. Ainsi que des ateliers et séminaires exclusifs pour les comités de direction. Je garde également une activité de conseil en positionnement et en identité d’entreprise issue de mes anciennes activités chez Google, Reuters et Dow Jones. Elle me permet de produire, pour les marques et les entreprises, des positionnements ou des contenus uniques, aussi différenciés que des guitaristes punks dans un orchestre de mariachis.









Un voyage en Ontario qui m'a fait découvrir quelqu'un avec qui j'ai passé 14 ans de ma vie.
Chindogu 😍😍
Toujours ce cookie du vendredi avec ta livraison Patrick