La lettre de Umanz : ✍️Second Best
“Il était de ces natures choisies qui ont horreur du commun et qui manquent souvent toutes les bonnes occasions de la vie, faute d’avoir pris la route du vulgaire, ce grand chemin des gens médiocres et qui mène à tout.”
Alexandre Dumas, La Tulipe Noire
Peut-être parce que j’en ai croisé beaucoup dans mon cabinet Second Act, je suis fasciné par les Second Best.
Souvent plus compétents que leur n+1 ils font preuve d’une ambition raisonnée.
Peut-être disent-ils quelque chose de l’époque ou des nouvelles façons de considérer la réussite ? Peut-être démontrent-ils une nouvelle forme de leadership durable ? En préparant cet essai, je me suis rendu compte que tout le monde connaissait un Second Best autour de lui.
Une citation circule dans les milieux du leadership que l’on attribue à Harry Truman :
“La position de numéro deux est la plus difficile de toute organisation, car vous devez posséder toutes les compétences du numéro un, sans en avoir les exigences de son égo.”
En fait, les Second Best ont un secret. Ils tiennent l’espace essentiel entre la vision et l’exécution.
J’en ai beaucoup croisé dans ma carrière professionnelle, particulièrement chez la gent féminine et je leur adresse ce clin d’œil fraternel.
On vous voit et on vous admire.
Bonnes lectures.
Êtes-vous un “Second Best” ?
À force d’approfondir le sens dans tous les sens sur Umanz et creuser les enjeux de deuxième partie de vie dans mon Cabinet Second Act, j’ai découvert un étrange phénomène autour de moi, d’abord anecdotique mais de plus en plus fréquent celui de n°2-bien-meilleur-que-leur-N+1 mais ne voulant, en aucun cas occuper leur poste.
J’ai nommé ces gens autour de moi les Second Best et je me suis intéressé à leur histoire et à leurs aspirations. Et puis, j’ai mené une enquête plus large et je me suis aperçu que tout le monde était capable de désigner un ou deux Second Best autour de soi.
Alors qui sont les Second Best ? Ce sont des gens hyper-compétents qui par intelligence souvent, confort parfois, ont renoncé à l’attrait et aux zéros supplémentaires des packages du numéro 1.
Ils soulèvent la question rarement abordée dans la gestion des promotions celle de la vie qui va avec.
Ce sont surtout des gens qui ont un attrait modéré voire un dégoût prononcé pour les jeux de pouvoir des “gens dans les tours.” Et une tolérance faible pour le bullshit. Mais ils se multiplient, cela devient même une caractéristique générationnelle.
Il y a quelques années j’avais déjà été surpris par la montée en puissance de ceux qui ne souhaitaient plus manager. Mais le phénomène des Second Best est plus préoccupant : Que devient une société qui n’a plus de bons leaders ? Et que peut-on faire pour les attirer vers ce last-mile du leadership ? Est-ce un problème d’ambition ou un problème plus insidieux de vies de leaders devenues intenables ?
J’ai commencé dans quelques entreprises des ateliers destinés aux “Second Best” afin de comprendre le phénomène et y apporter des réponses appropriées et ce qu’il ressort c’est que beaucoup de Second Best redoutent l’inflation de l’égo qui va avec le poste le plus “exposé”, d’autres se méfient de la rigidification mentale du pouvoir.
Rester n°2 pour eux est une sorte de firewall neuronal, une façon d’avoir les leviers mais avec beaucoup moins de bruit.
L’autre vérité plus masquée mais si récurrente dans les feedbacks que j’ai reçus était : “Le système ne sélectionne pas les plus intelligents, mais les plus compatibles avec la structure du pouvoir.”
En écho, une étude de KornFerry révélait que ces leaders qui ne souhaitaient pas accéder à la dernière marche redoutaient la perte d’autonomie à 72 % et la politique interne à 64 %. En bref, le Second Best pressent qu’accéder au pouvoir, c’est risquer une régression psychique.
In fine, les Second Best semblent faire un arbitrage décisionnel subtil : 50% de la rémunération du leader pour 90% de stress en moins. Car, le Second Best, souvent plus sage fait figure d’adulte dans un monde adolescent. C’est un stratége existentiel. Et hormis les effets de mode sur les n°1 très médiatiques. Les n°2 se révèlent souvent plus fiables et compétents.
Une question demeure en suspens néanmoins : que devient un collectif qui ne nomme pas les meilleurs au sommet ? À l’échelle d’une entreprise, d’un pays ou d’un continent refonder une génération de leaders qui ont envie d’être des leaders n’est pas seulement un moyen d’éviter la présence de Mèmes ambulants au pouvoir, c’est une question existentielle, une question d’avenir.
Besoin d’un Second Act ?
Il y a une gigantesque déconnexion à l’œuvre dans la société. On nous dit qu’il y a un agent IA pour ça, une app pour ça, une pilule pour ça, une posture de yoga pour ça, mais la vérité c’est que nous n’avons pas mis à jour nos outils intérieurs de décision, de fabrication du sens et de connaissance de soi en deuxième partie de vie, y compris au travail, face à une société et des phases de vie qui ont radicalement changé.
Découvrez Second Act, mon cabinet de coaching en évolutions pros et persos, un passeport de sérénité pour la deuxième partie de vie.
Découvrez également le Parcours Edge à destination des dirigeants.
Les Screenthoughts de la semaine
Connais-toi (et tes mauvaises interprétations), toi même
Le coût des mauvaises habitudes
Les limites du standard
Signe des temps et temps des signes
C’est le retour des séminaires d’été : téléchargez mon offre de Keynotes et d’Ateliers à destination des entreprises.
Lue et méditée, cette phrase en or et toute en nuance de Cedric Enjalbert dans le dernier Philosophie Magazine :
“Outre-Atlantique, les entrepreneurs de la « tech » entendent bien faire de l’État une entreprise comme les autres. Ils rêvent d’exploration spatiale et d’immortalité, mais fondent leur richesse sur des algorithmes prédictifs, arraisonnant finalement le futur dans des scénarios dystopiques, prévoyant la colonisation de Mars lorsque la Terre sera devenue inhabitable. Le potentiel offert par le progrès conduit chez eux à un curieux rétrécissement des idées, où le possible se referme à la faveur du probable.”
Ozempicisation du monde II : on savait ce que l’Ozempic faisait au corps. Voilà ce qu’il fait au cerveau.
Cette autre phrase de Chor Pharm m’a arrêté et déplacé. Elle devrait interroger chaque Entreprise à l’heure de l’IA.
Pendant longtemps, les sociétés ont vu dans la complexité des artefacts la preuve de leur sérieux. Quiconque était capable de produire le document avait généralement été confronté au problème. Pas toujours ; il y a de tout temps eu des fraudeurs, des courtisans, des stylistes et des esprits habiles sachant dissimuler leur ignorance sous une plume fluide. Mais l’effort laissait des traces. La rédaction forçait le contact. La révision imposait la modestie. La friction donnait du poids.
Quand l’artefact ne coûte plus rien, le signal change.
La question ne peut plus être seulement : qui a écrit cela ?
Elle doit devenir : qui peut le signer ?
Signal faible, au Canada ce tracteur AntiJohn-Deere c’est à dire : “sans logiciel ni électronique” voit ses ventes exploser.
Oooops Platon avait raison :
« Les recherches récentes en informatique suggèrent que Platon avait peut-être diagnostiqué un phénomène aujourd'hui mesurable. Les modèles d'IA entraînés de manière récursive sur leurs propres productions subissent une dégradation irréversible, perdant les schémas rares tout en convergeant vers des moyennes statistiques.
Les mathématiques confirment ce que l'ancienne hiérarchie prédisait : les copies de copies s'effondrent vers la médiocrité ; cet effondrement est intrinsèque au processus d'imitation lui-même. »
La suite de l’article ici.
C’est tout pour cette semaine je vous retrouve la semaine prochaine avec la troisième édition des désormais fameuses : Phrases de Presque.
D’ici là, gardez le cap 🧭.
Waloyo Yamoni, nous surmontons le vent.
Cette newsletter est avant tout un projet de coeur. De nombreuses personnes et sociétés me demandent souvent : comment travailler ensemble ? La première : “Second Act”, mon cabinet de coaching spécialisé en accompagnement des évolutions pro ou perso. Vous pouvez également me solliciter pour des Keynotes en entreprise sur les Soft Skills élégants : le sens du futur, les secrets de l’audace, la curiosité, l’esprit du débutant, l’émerveillement, l’impact, la loyauté, l’art de la conversation. Ainsi que des ateliers et séminaires exclusifs pour les comités de direction. Je garde aussi une activité de conseil en positionnement et en identité d’entreprise issue de mes anciennes activités chez Google, Reuters et Dow Jones. Elle me permet de produire, pour les marques et les entreprises, des positionnements ou des contenus uniques, aussi différenciés que des guitaristes punks dans un orchestre de mariachis.










Second best : immanquablement à lire tout ceci et dès les premières lignes, j'ai pensé à Spock dans Star Trek, plus intelligent et compétent que son capitaine sur bien des points mais qui a choisi de rester à ce poste de second.. ;)